Le combat juridique peut enfin commencer!
Documents du pourvoi en cassation.
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1) Vidéo: Déclaration de candidature de Kenza DRIDER à l’élection présidentielle 2012 à Meaux le 22 septembre 2011.
2) Texte: Déclaration de Candidature à la Présidence de la République.
Mesdames, Messieurs
Merci d’être venus si nombreuses et nombreux, de si bon matin, et de si loin pour mon humble déclaration de candidature à la Présidence de la République Française.
Cette décision grave par son intention et lourde par la charge qu’elle représente, cela fait cinq mois maintenant que j’y réfléchissais. Il est vrai que rien ne me prédestinait à imaginer un jour, faire ce choix; entreprendre cette aventure humaine et politique.
Je ne vous cache pas que la Loi appliquée le 11 avril 2011, interdisant le port du voile intégral dans l’espace public n’ y est pas étrangère. Cette loi a assigné à résidence, a emprisonné toutes les femmes qui ont fait le choix de porter cette tenue religieuse.
Cette loi a été une agression de mon identité de citoyenne française, de ma condition de femme musulmane et de mon engagement dans le combat des femmes pour plus de justice et d’égalité.
Certains d’entre vous ne le savent peut-être pas, mais je suis une femme libre de ses choix religieux, mais aussi de ses mouvements.
Je m’appelle Kenza DRIDER, j’ai 32 ans et je suis dame d’Avignon, citée qui est très chère à Picasso.
Ainsi, depuis avril 2011, je me suis demandée ce qui s’était passé dans mon pays, la France.
Oui, je me suis demandée pourquoi la France, le pays de Rousseau et de Voltaire, est devenu le temps d’un débat parlementaire, le pays de l’ombre et de l’enfer.
Cette interrogation lancinante, douloureuse et permanente, je me la pose depuis cinq mois et j’en souffre au quotidien. Comment dans ce pays, dit de droits européens peut-on adopter des lois violant elles-même le droit européen ?.
Comment peut-on dans un pays dit d’égalité, peut-on décider d’enfermer des femmes chez elles, au motif de leurs convictions religieuses?, comment dans un pays de liberté peut-on stigmatiser une seule communauté ?.
Car oui, et vous l’aurez constaté, cette loi du 11 avril 2011, n’a eu pour but que de stigmatiser les musulmans de France et de faire monter l’ islamophobie au plus haut niveau.
Depuis cinq mois, je n’ai plus de liberté garantie par la Loi, les députés de mon pays me l’ont retiré, ainsi qu’à des centaines de femmes dont le seul crime a été de s’habiller différemment de la majorité des citoyennes de françaises.
J’ai repris, par défaut, ma liberté naturelle. Et c’est cette liberté naturelle, chère à Rousseau que personne ne peut me retirer, que j’ai décidé de mettre au service de mon devoir, d’espérer et de proposer à toutes les femmes de France d’accepter ma candidature aux élections présidentielles de la République Française.
J’ai l’ambition aujourd’hui, d’être au service de toutes les femmes qui sont l’objet de stigmatisations ou de discriminations sociales, économiques ou politiques.
Je repense au combat courageux d’ Olympe de Gouge qui s’est battue pour les droits des femmes pendant la révolution française et qui est morte guillotinée.
Et aujourd’hui, à cet instant même, je revis la même douleur que Rosa Parks qui s’est vue infligée une amende de 15$, puis une peine de prison pour le crime d’avoir refusé de laisser sa place à un blanc dans un autobus en 1955.
Rosa Parks avait le droit de monter dans un autobus. Et aujourd’hui, Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé, ne m’offrent même pas ce luxe, de monter à l’arrière d’un autobus. Ils m’ont emprisonnée, avec des centaines d’autres femmes musulmanes libres, dans une prison géante qui est de 550 000 km2.
Ont-ils envie de nous réserver le même destin tragique qu’ Olympe de Gouges?, est-ce acceptable?.
Comment dans un pays qui proclame l’égalité sur les frontispices de toutes les mairies peut-on accepter qu’il n’ y ait que 12% de femmes députés (sur 577), 9% de femmes maires (sur 36782), 7% de femmes seulement dans les conseils d’administrations, et que les femmes aient des salaires inférieurs de 20% à celui des hommes. Et aussi n’ oublions pas que 2 millions de femmes soient victimes de violences conjugales chaque année. Où est la parité et l’égalité entre les hommes et les femmes?, et est-ce acceptable?.
Ce fatalisme, je me refuse de l’accepter.
Ceux qui ont le pouvoir politique et économique dans notre pays sont les hommes. Ce sont eux qui font les lois. Et c’est pourquoi le machisme prend le dessus sur l’aspect du principe d’égalité. Et ce n’est pas acceptable.
Il est important désormais que les femmes aussi prennent le pouvoir dans les instances politiques et économiques, avec leur compétence, leur intelligence et leur audace.
C’est pourquoi, je salue la classe de Dilma ROUSSEF qui a été toute sa vie une militante très courageuse et qui est devenue présidente du Brésil à 63 ans.
Vous l’avez compris, mon programme s’adresse principalement aux femmes, aujourd’hui victimes d’injustices, d’ harcèlements au travail, de discriminations ou autres, économiques ou politiques, ou violences.
J’ai de nombreuses propositions. Et je ne vous cache pas que parmi ces propositions, il y a bien sûr, l’abrogation de la Loi du voile intégral, et je tâcherais d’ obtenir la victoire auprès de la Cour Européenne des Droits de l’Homme si la cour de cassation en France s’y refuse.
Cependant, je vous présente cinq propositions aujourd’hui qui reflètent l’esprit de mon programme pour la France. Et j’aurais le plaisir à vous présenter mon programme complet, le 22 novembre, au salon des Maires. Et bien sûr, vous y êtes chaleureusement invité(e)s.
Voici mes cinq propositions pour les femmes :
1/ La retraite à 60 ans pour les femmes et 65 pour les hommes.
2/ Parité absolue des femmes et des hommes dans les lieux de pouvoirs (assemblées politiques, tribunaux, conseils d’administrations des entreprises).
3/ Plan d’action à long terme, d’accompagnement judiciaire et sociale des victimes d’agressions sexuelles.
4/ Mise en place d’un service prioritaire au logement pour toutes les femmes divorcées.
5/ La revalorisation de 20% des salaires des femmes pour les mettre au niveau des hommes.
Et je tiens aujourd’hui à remercier Mademoiselle Hind AHMAS qui a accepté d’ être ma porte-parole pendant cette campagne présidentielle.
Je tiens aussi à remercier pour son soutien depuis un an, Monsieur Rachid NEKKAZ, porte-parole de « Touche pas à ma Constitution » et président du comité de soutien à ma candidature.
Et enfin, je souhaite remercier toutes celles et ceux, avocats, journalistes, élus ou simples citoyens qui ont à cœur, que la Liberté ne reste pas un vain mot dans notre France, et qui souhaitent que les femmes soient respectées autant que les hommes dans leurs différences et le respect mutuel.
Merci à vous, et merci encore d’être venus aujourd’hui jusqu’à Meaux.
La candidate de la Liberté.
Madame DRIDER Kenza.
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Ils s’acharnent,…elle résiste
Ligne d’azur contre une Citoyenne de la Liberté.
Après vous avoir informé par téléphone de mon interpellation le jeudi 26 Août 2011 à 11h11 pour; »dissimulation du visage dans l’espace public », loi n°2010-1192 du 11octobre 2010, je reconnais les faits. Ceci dit, je vous informe subir des injustices face à cela.
En ce qui concerne le Jeudi 26/08/2011, je vous relate les faits suivants :
A 11h11 du matin, ma fille et moi nous nous apprêtions à prendre le bus ligne 10 en Direction du Port de Nice, Boulevard Montel. Lorsque le chauffeur m’a dit, après avoir validé notre titre de transport: « c’est interdit ce voile par la loi, si vous montez j’arrête le bus ». Je précise que ce matin là, le bus transportait un grand nombre de voyageurs. Ce jour là, nous sommes restées debout. Puis, il n’a cessé de se plaindre aux usagers et c’est au prochain arrêt que des places assises se sont libérées, ainsi nous avons pu nous asseoir. A cet instant, le chauffeur a arrêté son bus, il m’a dit qu’il a prévenu sa direction et a appelé la police nationale. Il a donc immobilisé son bus pendant une demie heure, les passagers furent très en colère, certains sont descendus, d’autres sont restés en protestant contre le geste du chauffeur. A 11h41, la police est intervenue. j’ ai oublié de préciser que le chauffeur avait éteint la climatisation à partir du moment où je me suis assisse avec ma fille dans le bus, et il l’a rallumé sur la demande des policiers. J’ajoute que nous étions en pleine canicule. Les policiers ont évacué le restant des passagers, puis ont demandé au chauffeur de refermer les portes du bus. Ma fille m’a fait une remarque en me disant: « maman c’est impressionnant juste pour toi l’intervention est énorme », 4 policiers dans le bus et 2 à l’extérieur devant les portes du bus », j’ai fait de mon mieux pour la rassuré, je lui ai dit de ne pas s’inquiéter et que tout allait se terminer bientôt. Une policière a rédigé mon procès verbal, après cela une autre policière m’a demandé de descendre du bus, je lui ai répondu que je ne descendrai pas du bus car j’ai payé mon titre de transport et je souhaitais pouvoir être déposée à l’arrêt voulu, je n’ai pas accepté qu’on me traître ainsi.
J’ai vraiment été touché dans ma dignité pour un simple voile, un choix que je revendique, un choix que j’ai fait il y a dix sept ans.
La policière qui m’ a demandé de descendre à commencer à hausser le ton, je lui ai dit : »Je suis une femme avant tout on doit me respecter en tant qu’être humain ! ». Elle a commencé à donner raison au chauffeur, je lui ai dit : »qu’une loi qui va à l’encontre des Droits de l’Homme , du Droit Européen n’est pas une loi applicable ». Entre temps des médiateurs de ligne d’azur ont été appelés, afin de me garantir l’ accès au prochain bus sans problème venant du chauffeur, en tout l’histoire a duré 1heure à 12h11 après avoir signé mon procès verbal et m’être identifié au policier, j’ai pu repartir avec ma fille âgée de 10 ans, un autre bus nous a finalement déposé à notre arrêt ,l’autre qui nous a posé problème est reparti au dépôt. Après une fin de matinée difficile moralement , je continua tant bien que mal à vaquer à mes occupations. Mais en fin de journée à 17H, il a fallu de nouveau que je reprenne le bus. Mes parents m’avaient demandés si je pouvais leur faire une course. Ne sachant pas ce qui s’était passé le matin car ayant un âge avancé, je ne leur ai rien dit de cet incident, je veux leur épargner au maximum du chagrin, par rapport à mon niqab car j’en assume seule la responsabilité. Et donc de nouveau le chauffeur qui cette fois- ci était une femme m’a dit: »ah, non deux fois en une journée! ». Je n’ai pas répondu. Je suis allée m’asseoir avec ma fille après validation de notre titre de transport. C’est au prochain arrêt qu’elle a prévenu ses supérieurs, elle a arrêté son bus, elle est venue me le dire et elle a appelé la police. Cette dernière est venue 15 minutes après, et de nouveau, les passagers ont du descendre, de nouveau les médiateurs sont venus, par contre l’officier de police était un peu en colère. Il me dit: »encore vous Madame Lécuyer, je ne vais pas vous faire un rappel à la loi, vous la connaissez. Il ne m’a pas fait de procès verbal, il a juste pris mon numéro de téléphone et m’a dit que je serais convoquée au commissariat de Saint Augustin, non loin de chez mes parents.
Puis, j’ai pu reprendre un autre bus.
Je n’ai pu m’empêcher de pleurer, car j’ai pensé au plus profond de moi que l’humiliation c’est un sentiment terrible pour une personne. Maître Devers, c’est ainsi que ce sont déroulés les faits.
Madame Lécuyer Stéphanie
La Candidate de la Liberté
Une femme portant librement le niqab, déclarera officiellement sa candidature à l’élection présidentielle le jeudi 22 septembre 2011 à 10h devant la mairie, à Meaux.
Nous appelons le plus grand nombre à lui apporter son soutien.
Les femmes prennent leur avenir en mains !
Cette candidature est un appel à la défense des libertés, au respect des femmes et à la parité hommes/femmes. Nous ne pouvons accepter que la loi décide à notre place ce que doivent être nos croyances et nos choix de vie. Ne vous trompez pas : la loi anti-voile intégral ne concerne pas que les femmes qui portent le niqab, mais toutes les personnes qui veulent construire leur vie en fonction de choix qu’ils font librement. C’est une loi de stigmatisation. Le combat contre cette loi est une nécessité sociale.
Aujourd’hui, le niqab ; demain, d’autres stigmatisations
Il faut rétablir le droit et défendre le respect !
Tôt ou tard, cette loi tombera car elle viole le droit européen. Mais la défense des libertés est aussi une affaire politique, et les femmes doivent prendre toute leur place dans le débat public, dans le plus large esprit de rassemblement : toutes opinions, toutes convictions, dans le respect mutuel.
La déclaration de candidature aura lieu à Meaux car :
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Son député maire Jean françois Copé a beaucoup fait pour le vote de cette loi. Or, si les députés ont le pouvoir de voter des lois, ils ont aussi le devoir de respecter les libertés fondamentales
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Ce 22 septembre, le Juge de proximité de Meaux rendra le premier jugement en application de cette loi, et ce sera le point de départ des recours qui permettront d’obtenir l’annulation de cette loi par le droit européen.
Depuis la mise en application de cette loi, c’est très mauvais climat : contrôles permanents, intimidations, oppressions, agressions verbales et violences physiques. Cette loi liberticide a attisé l’intolérance. Pour toutes ces femmes françaises et libres, qui exercent leur liberté de culte :
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il n’est pas acceptable de vivre dans la peur
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il n’est pas acceptable se voir refuser l’accès aux services publics
Nous voulons une autre société. Nous combattons la stigmatisation et le refus des différences.
Soyez nombreuses et nombreux à apporter votre soutien et à participer à cette campagne.
Cette candidature repose sur la plus belle des légitimités :
La défense des libertés individuelles des femmes
Arrestation de la femme voilée à Aulnay sous Bois : Toute la vérité
1/ La vidéo de l’interpellation
2/ Le récit détaillé de l’interpellation
Le dimanche 31 juillet 2011, avec mon amie nous marchions en direction de la gare d’Aulnay sous Bois. Sur le chemin, à plusieurs reprises nous avons croisés des véhicules de police. Les policiers qui les occupaient m’ont vu, mais ils ont continués leur route. Alors que nous étions arrivées près du parking de la gare, face au laboratoire médical, une voiture de police où se trouvaient 3 policiers, s’arrêtent à mon niveau.
Le policier qui conduisait, portant des lunettes de soleil noires, me crie de sa fenêtre : » c’est interdit, tu me retires ça!!! ». Malgré le tutoiement je m’efforce de répondre correctement : » j’ai le droit de m’habiller comme je veux ». D’un ton menaçant, il reprend: « vous voulez que je vous contrôle? », et je rétorque: « si vous voulez me contrôler, contrôlez-moi, cela ne me dérange pas ».
Voyant que sa tentative d’intimidation ne fonctionnait pas, il décide de poursuivre en me sommant de me mettre sur le côté. La voiture se gare, les policiers descendent tous de voiture et m’attendent.
Le même policier qui était au volant me dit que c’est interdit de s’habiller comme ça. A cela, je réponds spontanément que parmi mes droits, j’avais celui de la liberté de culte, de conscience et qu’il m’est permis d’exercer ma religion que ce soit dans un endroit public comme privé. Il me dit qu’en tant que citoyenne française j’ai des devoirs. Je lui réponds alors que j’avais bien connaissance de cette loi interdisant la dissimulation du visage mais que je garderais mon niqab. J’ai ajouté que je me soumettais aux lois sauf celle-ci qui viole mes droits fondamentaux et ma liberté de culte. Je lui précise qu’en application de cette loi, je sais que j’encours une condamnation d’une amande de 150 euros ou un stage de citoyenneté. Mais cette loi restera sans effet car elle viole le droit européen. Quoiqu’il en soit, j’assume pleinement les conséquences et qu’en tout cas, j’accepte de décliner mon identité et de procéder à l’identification sans aucun problème. Le policier continue à parler de loi et de ma tenue mais il change de ton, et utilise le terme « déguisement » faisant allusion à mon vêtement. Je décide alors que c’est plus la peine de discuter, et lui demande: « bon alors, qu’est ce qu’on fait?, vous m’identifiez ou pas?? ». Il me répond qu’on attend des collègues à lui. Au même moment, une autre voiture arrive et en sort 2 policiers (ou 3) dont une femme.
Dès sa sortie du véhicule, la policière directement se dirige vers moi en enfilant des gants et m’annonce qu’elle va me palper. Estomaquée par son comportement, je refuse et évoque la circulaire de Guéant où les directives sont claires concernant la procédure à suivre lorsqu’ils rencontrent une femme intégralement voilée. D’après cette circulaire, que je connais très bien, je dois décliner mon identité, afin qu’ils procèdent à l’identification et ensuite rédigent le procès verbal, pour enfin me laisser repartir. Mais ce même policier qui m’avait héler depuis sa voiture, ignorant la marche à suivre, n’apprécie pas que je parle de cette circulaire et me dit: « circulaire ou pas circulaire, il y a une loi! ». Choquée d’entendre ça de sa part, je décide d’appeler mon avocat Gilles DEVERS. Je lui raconte et précise que les policiers veulent m’imposer une palpation alors que j’accepte de m’identifier. Je lui précise que jusque là, ils ne m’avaient toujours pas demandé de décliner mon identité. Avant de me répondre, mon avocat me demande si, lorsque les policiers m’ont aperçus, si j’étais en train de courir ou j’avais des gestes qui pouvaient éveiller des soupçons à mon égard. Je lui réponds que non, mon amie et moi marchions tranquillement. L’avocat me dit que les directives de la procédure sont claires. Rien ne justifiait cette palpation, et vraisemblablement ces policiers outrepassaient leurs droits.
Pendant ma conversation avec mon avocat, je réalise que mon amie tente tant bien que mal avec douceur de leur faire abandonner leur désir de me faire subir la fouille. Et je constate également que certains policiers étaient retournés à une voiture de police et qu’ils passent des appels téléphoniques. Les policiers reviennent, alors que je suis encore au téléphone. L’un d’eux dit à mon amie qu’ils vont procéder simplement à l’identification et qu’il n’y aura pas de palpation. Mon amie m’informe et je raccroche pensant que tout se finira bien, mais un autre policier refuse et exige la palpation avant de procéder à l’identification. Ca commence à être plus que pénible, car nous sommes dans une impasse. Cela fait plus de 30 minutes qu’on est là, il y a de la tension, les policiers ne sont pas d’accord entre eux, tout le monde nous regarde, les voitures ralentissent etc…
Je répète que la palpation n’est pas préconisée pour ce cas de figure, que j’accepte de décliner mon identité et de m’identifier et qu’il pouvaient me mettre une amende de 150 euros, ça m’était égal, car nous la ferons tomber ensuite. Ce même policier me dit que si je n’accepte pas la palpation, ils m’embarquent au commissariat. Je réponds: » pas de problème, on y va, je vous suis « . Et là, il dit à la policière de me mettre les menottes. Je la vois alors face à moi et se saisir de ses menottes. Je craque et je cris: « j’ai fais quoi? », elle me répond : » alors acceptez la palpation ! « . Je réplique: « non, vous ne me palpez pas, je suis désolée », et je demande ce que j’ai fais, à plusieurs reprises. Mais cette affaire n’en finit pas, et je propose d’accepter la palpation à condition qu’ils ne me touchent pas la poitrine, ne me touchent pas le ventre, ne me touchent pas les fesses ni l’intérieur de mes cuisses. Le policier à ma droite légèrement derrière me dit: « c’est pas à vous de dire ce qu’on a à faire! « . Je dis alors: « je refuse et personne ne me touche ». Ce même policier dit à la policière face à moi: « bon allez, on embarque ça!, mets lui les menottes « .
La policière m’attrape le poignet droit. J’arrive à le dégager et le libérer de son emprise, mais tout de suite après je sens que mon avant bras et attrapé par une force plus importante, c’était le policier à mon arrière droite. Il m’avait attrapé le bras par derrière avec force, tentant de me le tordre pour m’immobiliser. Je me débats en criant : » lâchez-moi ». Je vois alors ces policiers s’approcher de moi, mes deux bras ont été attrapés de force et maintenus en arrière de manière brutale. Je leur demandent de me lâcher, je crie, mais seule la force répond. Je crie, braquée par la douleur. J’aperçois sur le trottoir en face que des gens filment avec leur téléphone portable et je leur crie de regarder et de filmer. Les policiers usent de plus de force et se rapprochent de moi, de mon corps. Je suis complètement penchée en avant à cause de la douleur dû à la manière dont mes bras sont maintenus, et lorsque je sens d’autres mains se poser sur moi alors que je suis complètement à leur merci, incapable de bouger, je hurle, j’ai peur qu’on me touche, j’ai peur d’être dévoilée, je leur crie d’arrêter. Je hurle de désespoir, je les insulte. Je me sens meurtrie et humiliée. Je n’ai rien fait pour mériter çà ! C’est eux qui violent le droit ! Déshonorée, je subissais un viol. Ils ont violés ma pudeur. Ils ont violés mon honneur.
Quand enfin les hommes policiers me lâchent et à bout de souffle je me calme, je suis poussée vers la voiture de police par la policière qui me maintient par les menottes.
Mon amie demande à m’accompagner mais ils refusent et lui indique le commissariat de Livry Gargan alors qu’ils m’emmènent à celui de Sevran.
Assise dans la voiture, avant qu’ils démarrent, j’entends un homme qui crie: » Ne me touchez pas » à plusieurs reprises, et un autre homme témoin de la scène dire à un des policiers : »mais c’est moi qui vous applaudis monsieur, ils embarquent une femme en burqa et lui mettent les menottes de force,… »
Je ne dis pas un mot durant le trajet et pourtant j’ai très mal aux poignets, les menottes me serrent les os.
Arrivés au poste de police, on attend dans le couloir, la policière est toujours avec moi, les autres je ne sais pas. La douleur devenue insupportable, je demande à cette policière de desserrer mes menottes.
Elle vérifie, puis demande des clefs pour les desserrer. Mais elle me laisse attachée. Pourquoi ? J’entends une voix qui provient d’un bureau : » pourquoi vous l’avez amené, pourquoi vous l’avez menottée, c’est n’importe quoi!! ». Je ne parviens pas à entendre l’autre voix, mais quelques minutes plus tard, c’est le policier qui avait insisté et qui en sort apparemment contrarié et très pressé.
Un homme en civil arrive, demande qu’on m’enlève les menottes. Enfin… Il m’annonce que je vais être placée en garde à vue, il me demande si je veux voir un médecin, un autre homme répond à ma place et dit: » non, c’est bon, c’est pas la peine ». Je me dis en moi-même que je suis en train de rêver, je n’arrive pas à en croire mes oreilles. J’ai envie de pleurer mais je me retiens. Il me demande si je souhaite un avocat commis d’office, je refuse. Je leur dis que j’ai mon avocat et je leur donne son nom. Un homme arrive et me demande de le suivre. Je le suis à l’étage, nous entrons dans un bureau où se trouve déjà une femme en civil. Je me retrouve seule avec elle dans ce bureau. Elle me demande si j’accepte de m’identifier et là je craque, je pleure et en sanglotant je lui réponds que c’est ce qu’ils auraient dû faire dès le départ,…
Elle tente de me calmer et me laisse le temps qu’il me faut pour me reprendre. Je m’identifie, je relève mon voile. On parle, elle me dit qu’elle ne cautionnait pas la manière dont s’étaient comportés ses collègues et qu’ils n’auraient pas dû agir de cette manière. Elle me dit qu’elle va prendre ma déposition rapidement pour me laisser repartir. Elle a pris ma déposition, alors que j’avais rabattu mon voile.
Quelques minutes plus tard, je ressorts du commissariat de police sans avoir subi de palpation. Évidemment cela était inutile et n’avait pas lieu d’être.
Aujourd’hui, le mercredi 10 août 2011, j’ai déposé plainte pour ces abus.
3/ Vidéo explicative de l’interpellation
4/ Recours Premier ministre
5/Plainte pénale







